extrait du site :http://www.dhagpo-kundreul.org/actu/fr/actu01_fr.html
Le Mandala du Guendune Douwa

L'atelier de Mandalas

Un mandala est une représentation (plane), de l'univers pur d'une divinité. Il sert de description pour la visualisation dans les pratiques du Vajrayana, mais le fait de le réaliser est une pratique en soi. Comme pour une retraite, un groupe de pratiquants s'isole pendant quelques jours pour se concentrer uniquement à la réalisation du mandala. Une telle pratique génère une importante bénédiction.

Traditionnellement, les mandalas sont fait à partir de sable et de poudres colorées et répondent à des règles de construction très précises. On trace d'abord une structure géométrique généralement assez complexe. Puis on commence le remplissage du centre vers la périphérie. Même s'il y a une trame commune, chaque mandala a ses propres variantes. Aussi, un énorme travail de recherche et de documentation est nécessaire au préalable.

La plupart des descriptions des mandalas se trouvent généralement dans les pratiques transmises en retraite de trois ans, où de nombreuses instructions sont données, notamment concernant les mesures, les couleurs et les détails. Mais on trouve également des textes qui expliquent comment fabriquer les couleurs, ou comment consacrer les outils qui vont servir à réaliser l'œuvre. On doit donc étudier ces textes, mais on se base également sur des photos d'autres mandalas d'origines diverses, d'où un énorme travail de documentation.

Les difficultés viennent surtout des termes tibétains et de leurs interprétations possibles, car la manière d'expliquer les tracés diffère beaucoup du langage géométrique auquel nous sommes habitués chez nous. Grâce à la venue d'Oumzé Gnédeun, spécialiste des mandalas dans la tradition Karma Kagyu, en décembre dernier, Droupla Yangdak a pu approfondir ses connaissances et sa compréhension des textes.

En ce qui concerne les mandalas de sable, les méthodes de travail changent selon les traditions. Certaines traditions utilisent un cornet que l'on frotte pour faire tomber avec précision la poudre colorée sur le mandala, mais dans la lignée Karma Kagyu, cette opération se fait avec les doigts.

Lorsque le mandala est achevé, que la pratique est arrivée à son terme, il est alors dispersé dans la nature. Généralement on le déverse dans une rivière.

Structure d'un mandala :

Au centre se trouve la divinité elle-même qui peut être représentée de quatre manières :

soit sous sa forme habituelle (représentation de son corps)
soit par son attribut principal (dordjé, trigou, kapala…)
soit par sa syllabe germe
soit par un tiglé (point coloré),
La divinité est au centre d'un lotus, sur les pétales duquel on peut trouver représenté son entourage proche.

Ce lotus se trouve au centre du palais de la divinité, de forme carrée. Partant du centre, on rencontre d'abord la cour intérieure divisée en quatre sections chacune d'une couleur. Ainsi, le centre et les quatre parties de la cour évoquent les cinq couleurs des cinq émotions transformées en les cinq sagesses par les types d'activité reliés aux cinq familles de Bouddha.

Ensuite, on trouve les quatre murs qui entourent le palais, chacun doté d'une porte dans chacune des quatre directions cardinales.

Puis, de l'autre côté des murs du palais s'étend la cour extérieure, ceinte d'un cercle de pétales de lotus, au-delà duquel on trouve le cercle de protection. Ce cercle de protection, loin d'être une défense contre un éventuel agresseur extérieur, permet au pratiquant de s'établir dans une pleine confiance. Selon les cas il peut se composer d'un ou de plusieurs éléments : le cercle de dordjés, les aires funéraires, le cercle de flammes.

Kunzig Shamar Rinpoché a vivement souhaité que des mandalas de sables soient réalisés à Kundreul Ling. Même si c'est, à terme, le but de cet atelier, ceux que nous réalisons pour le moment ne sont que des représentations de ces mandalas, car nous n'avons pas encore les moyens d'aborder cette pratique.

Les mandalas que nous réalisons, en ce moment, sont d'une dimension de deux mètres sur deux.

Dans un premier temps, on réalise des cadres de bois renforcés, sur lesquels on tend une toile. La technique consiste à tirer, à deux personnes, de chaque côté au milieu, pendant qu'une troisième plante des agrafes.
Puis on fait l'autre médiane et on tend ainsi la toile en partant du centre. Les agrafes ne sont pas plantées directement dans la toile, mais à travers une lamelle de carton, ce qui évite que la toile se déchire.


Ensuite on enduit la toile tendue d'un mélange de colle de peau et de blanc de meudon (calcaire) pour la rigidifier et la rendre moins absorbante.


Ensuite on trace les cercles et les lignes de construction du mandala au crayon avant de commencer à peindre. Les couleurs utilisées sont faites à partir de pigments minéraux ou végétaux, qui ont étés broyés pendant des heures, mêlés à de la colle de peau en guise de liant (comme pour les tangkas). Ainsi, les couleurs de ces mandalas s'harmonisent avec le Grand Mandala de Kalachakra.